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La mort en question

[Article plombant de la semaine, de l’année, voire de toute la vie du blog]

J’ai vu la mort en face. Pas la mienne, celle de mon père. Les yeux dans les yeux, elle m’a pénétrée de son regard glaçant, horrifiant. Ma mère avait vécu avec elle plusieurs mois, essayant de la détourner, de la combattre, de l’éloigner le plus longtemps possible. Toutes les deux avons entendu cette supplique, de ne pas « le laisser [vivre] comme ça » sans être capable d’y répondre.

Cette année, c’est son chien que Nana a accompagné dans sa maladie. Un chien. Un chien souffrant d’une maladie incurable lui promettant une mort par l’étouffement. A priori, il ne souffrait pas, si l’on considère que tousser régulièrement jusqu’à s'étouffer ne provoque pas de douleur. Cependant, en concertation avec le vétérinaire (et un peu avec ses enfants), elle a fait le choix de le faire euthanasier, le choix de lui « offrir » une mort douce et sereine. Mais prendre cette décision n’a pas été si facile. Et cette mort a eu beau être programmée, réfléchie, elle n’en a pas été moins douloureuse pour Nana et l’absence n’en est pas moins triste. Or, ce n’était qu’un chien.

Tout ça pour dire qu’on peut avoir les convictions les plus profondes ou les théories les justes, quand on est au pied du mur, ce ne sont que les émotions qui s’expriment et il est bien difficile de faire la part des choses. La différence entre le chien et l’homme, c’est que les vétérinaires ont le droit (et le devoir ?) de proposer l’euthanasie pour un animal malade en fin de vie. Au contraire, les médecins non seulement ne peuvent l’envisager mais, du moment qu’on les a appelés pour soulager un moment de douloureux, ont l’obligation de soin, quelle que soit la volonté du patient. C’est ainsi que Deda a subi des hospitalisations forcées, contre son gré (qui ne lui ont pas fait plus de bien que de rester chez lui, soit dit en passant).

La disparition d’Arden, notre premier chien pépère, m’interroge donc :

1. pourquoi cette différence de traitement entre les animaux et les humains ?

2. si on avait ce choix pour l’homme, qu’est-ce qu’on déciderait vraiment au moment de répondre à cette question cruciale ? C'est qu'il faut vivre avec cette responsabilité, ensuite...

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À propos
Nanie

Femme de prof, mère de deux Scarabouils et d'une Grenabée, je dépose ici les aléas et anecdotes qui feront les souvenirs de notre vie de famille
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C
ben dis donc..pas très gai ton article...c'est clair, on a pas le droit d'euthanasier pour l'humain..mais il n'y a pas non plus d'acharnement thérapeuthique. Pour bosser avec les soins palliatifs, un projet de fin de vie est rédigé soit avec le patient et s'il n'est pas en capacité pour répondre, avec la personne de confiance qu'il a désigné.... bisous arc en ciel pour positiver un peu...
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F
Ce n'est pas un sujet très gai, mais ce n'est pas plombant non plus. La mort fait partie de la vie, c'est comme ça que tout finit (et/ou pour certains que tout (re)commence). Tes questions sont intéressantes, je n'avais jamais fait le rapprochement entre les deux manières de traiter les hommes et les animaux. Je pense quand même que la décision d'euthanasier un animal est plus facile que pour un homme, justement à cause de toutes ces obligations de soins, car on ne sait jamais, peut-être que ça pourrait aller mieux... Pour un animal, on doit savoir que ça n'ira pas mieux...
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